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Magali

Pourquoi dit-on parfois « oui » alors qu’on ne veut pas…

et qu’il n’y a pas de contraintes objectives ?


Je m’intéresse au consentement non pour me défendre des agressions (d’autres le font très bien) mais pour desserrer les freins en moi qui m’empêchent de demander clairement ce que je veux et qui me font accepter des trucs, juste pour être gentille ou plutôt par peur d’avoir l’air méchante ou égoïste.

 

Oser dire l'inconfort

Cette capacité à accepter des choses qui ne nous conviennent pas (et qui pourraient être différentes) me fascine depuis longtemps.

En 2013, j’étais au CNAM Paris, en psycho du travail et j’écrivais déjà une note intitulée « Malaise des cadres » Contribution, soumission, contestation : quels enjeux psychiques ? L’ensemble tourne autour de cette question : pourquoi et comment accepte-t-on globalement des modalités de travail que tout le monde critique ensuite à la machine à café ?


J’ai vu des cadres bien installés (= invirables) refuser que l’on intervienne pour, simplement, mettre la situation en discussion. J’ai vu d’autres salariés préférer la plainte à l’action.


Je dois avouer que cette question m’a beaucoup occupé. Que l’on ne porte pas une forme de contestation quand on a absolument besoin de ce travail, je comprends complètement.


Mais, quand on a le choix ?


  • A quel moment a-t-on appris à endurer sans réagir ?

  • A quel moment a-t-on appris que notre voix n’avait pas de valeur ?

  • A quel moment a-t-on appris à faire semblant d’aller bien ?


Regarder dans l’enfance apporte bien sûr des réponses.

A l’école, nos envies de jouer, de dormir ou de bouger ne sont pas prises en compte : il faut rester 7h assis sur une chaise et faire ce qui est demandé et être jugé·e sur le résultat. On apprend doucement à ne plus écouter les envies du corps. On apprend la conformité avec le programme, le groupe. J’avais beaucoup aimé cette vision de Ken Robinson, dans son TED talk sur la révolution de l’éducation.

Avant même l’école, notre corps a appris qu’il n’avait pas le pouvoir : les premiers mois de la vie, nous sommes portés, changés, baignés… pour notre bien, dans le meilleur des cas. Et dans le processus, on apprend que c’est l’autre qui fait.

Habitude, conformité, besoin d’appartenir au groupe, peur de dénoter, peur de la moquerie, peur de ne pas faire comme il faut, fatigue, déconnexion avec nos besoins et nos élans, oubli qu’autre chose est possible…

Pour ces raisons et beaucoup d’autres encore, on n’ose pas dire quand les choses ne nous conviennent pas.

Mon problème, c’est que je me vois n’osant pas dire, je me vois avoir peur… et que ça m’est insupportable, parce que je suis aussi indépendante, lucide, créative, solaire.

Comment me libérer de ces peurs ?

Alors, je cherche.

La Communication non violente m’a beaucoup apporté.

Les lectures aussi, Nietzsche, Ruiz, Dabrowski, Monbourquette…


J’ai mieux compris. J’ai mieux cerné là où je voulais aller, mon droit à désirer autre chose, à dire, à remettre en question. Non en rebelle, mais en voix alternative.


Restait à me soutenir dans l’action.

 

Pratiquer le consentement

Entre tendresse et sécurité

J’ai découvert le milieu du consentement et des câlins en 2019.

On buvait un verre avec un ami à Orléans et il me racontait la joie qu’il venait d’avoir à passer la nuit avec une fille, juste dans les bras l’un de l’autre. Rien de plus. Ça me rappelait une soirée massages entre amis à laquelle j’avais participé quelques années avant à Paris.


Nous vient alors cette idée : pourquoi ne pas organiser des soirées avec d’autres pour partager des câlins ?


Puis presqu'aussitôt cette question : comment faire pour que ça ne devienne pas graveleux ? Que ça reste gentil et tendre, ou dit plus clairement : non sexuel.

La colle…


De recherches en recherches, de sites libertins en site polyamoureux et même anarchistes, je finis par trouver ce que je cherchais :

Cuddleparty.com

Les Cuddle party (« fêtes des câlins » que j’ai traduit par Pause Tendresse et Consentement) existent depuis 2004 aux Etats-Unis. C’est ambiance jogging coloré, coussin tout doux et gâteaux.


Sous couvert d’une sorte de soirée pyjama, c’est un sérieux atelier de communication, puisqu’on y pratique le oui, le non, les demandes et les réponses authentiques : personne ne touche personne sans avoir demandé.


Sécurité et tendresse.


Et une sacrée dose d’audace, parce que ce n’est pas facile au début.


J’ai toujours été très tactile et j’ai gardé un côté très enfant. J’ai aimé ce que j’ai vu.


Alors je me suis inscrite pour me former et me certifier dans cette approche (je suis la 1è en France !).


Ce que j’y ai appris à dépasser ce à quoi je m’attendais. On a des appels de supervision les mardis soirs et là, j’ai ressenti à quel point ils pratiquent ce qu’ils annoncent : ne pas faire honte, jamais, à personne. Accepter les différences, soutenir. Et cette phrase « There’s no supposed to » :

Il n’y a rien que tu sois sensée faire. Fais comme tu sens.


Ca m’a profondément émue. Ca m’émeut encore aujourd’hui.


Je l’avais lu 1000 fois, il n’y a rien de dingue dans cette phrase. Ce n’est pas l’entendre qui m’a fait de l’effet.

C’est de sentir que là, c’était vrai. De sentir dans mon corps que ce que je voulais moi était bienvenue. Pas cette chose que je m’efforce de vouloir pour plaire ou ne pas dénoter. Non, ce qui est juste pour moi.  


Le fait que le corps soit engagé dans ces échanges, puisqu’on parle aussi de câlins, fait toute la différence. Ce n’est plus seulement théorique. J'apprends à apaiser progressivement mes peurs, à oser et ouvrir de nouveaux possibles, dans l'action.

C’est ce cheminement qui m’a fait découvrir à quel point je vivais dans la peur et l’insécurité. A un niveau bien supérieur à ce que je croyais. J’avais appris à m’adapter, à m’ajuster en permanence, de manière à avoir l’apparence de « normalité ». Mais quelle énergie pour maintenir cet effort permanent. Tout pour éviter l’impair.


A partir de là, je me suis formée à deux autres volets :

La roue du consentement : créée par Betty Martin, c’est un modèle puissant du consentement qui pose deux questions simples : qui fait l’action ? pour qui est l’action ? Ce « pour qui » est très très intéressant. Par exemple, pour qui j’agis quand j’aide un ami en difficulté ? pour lui, parce qu’il m’a aidé à comprendre ce dont il avait besoin ? ou pour moi, parce que j’ai peur qu’on dise que je suis une mauvaise amie en ne l’aidant pas ? Ce modèle apprend à prendre la responsabilité de nos désirs, de nos limites et engage à vivre plus d’intégrité… et beaucoup plus de joie et de plaisirs !

Le fonctionnement du système nerveux : comprendre les mécanismes de la peur et du stress qui me bloquent quand je veux communiquer m’a apporté un éclairage très utile. Rien ne sert de forcer quand je suis en panique. Pas de « quand on veut on peut ». Non, quand on panique, mieux vaut comprendre comment s’apporter de la sécurité, comprendre ce dont on a besoin, car de toutes façons le corps s’est mis en mode « alerte ». Il n’y a pas de consentement quand il y a du stress, et certainement pas de plaisir. Se mettre au côté du corps et ne plus seulement diriger depuis la tour de (pseudo)contrôle mentale est une voie qui amène plus de sécurité et de bienveillance.


Dans cette approche, on navigue entre les profondeurs de nos fonctionnements, de nos hontes et de nos freins et la légèreté de l’amusement, de la découverte, du goût savoureux du lien authentique et doux avec l’autre.

C’est une activité à mon image : ludique et grave, tendre et radicale, intime et politique.

 

Diffuser une culture du consentement

Depuis 2020, je transmets ce que j’ai appris, et ce que je continue d’apprendre, à travers des ateliers collectifs, à Orléans, à Paris et en ligne.

J’interviens aussi pour des universités et des associations et je prépare des formations en entreprise.


Le consentement, c’est retrouver le chemin de ce que l’on veut et oser le demander. La beauté, c’est qu’en cours de route, on risque de le recevoir, et qu’à mesure que l’on reçoit, quelque chose en nous s’ouvre et nous rend plus attentifs et plus ouverts aux autres.


La pratique du consentement contribue à créer des relations plus satisfaisantes, plus sûres, plus joyeuses pour nous et le monde autour.

 

Mes formations professionnelles

Pour offrir un cadre solide

Consentement

  • Wheel of consent - Like a pro (Bilbao) = 7 jours du 6/09/2022 au 11/09/2022 avec School of Consent 

  • Wheel of consent - Like a pro (online) = 18h du 17/02/2021 au 06/03/2021 avec School of Consent 

  • Wheel of consent - Teaching with groups (online) = 12h du 20/03/2021 au 10/04/2021 avec School of Consent 

  • Wheel of consent workshop (online) = 12h du 11/06/2020 au 16/07/2020 avec School of Consent

  • Intro to the Wheel of consent le 7/10/2020 (2h) avec School of Consent

  • What Happens Before Touch Happens ? (online) = 3h, 14/06/2020, par Rupert Alison de The Art of Consent et Rose C Jiggens

Consentement et toucher conscient / câlins

  • Certification pour l'animation de Pause Tendresse (Cuddle Party Facilitator Certification) = 2020-2022, je suis la 171è certifiée dans le monde et la 1è en France !  

  • Les bases de la facilitation (Foundations of facilitation)2020 avec Cuddle Party

  • Câlinothérapeute professionnelle (Professional Cuddler) (online) 2020 avec Cuddlist

  • Le Pouvoir de l'écoute empathique (The Power of empathetic listening) avec HearMe, partenaire de Cuddlist (online) 2020

Approche comportementale

  • Praticienne certifiée en Approche Neurocognitive et Comportementale = 71h de formation sur 8 mois de mai 2021 à janvier 2022 avec l'Institute of Neurocognistivism (ça m'aide à comprendre les mécanismes mentaux qui nous font agir en automatique et faire des choses qu'on ne veut pas ... et à proposer des alternatives pour reprendre le pouvoir et agir plus sereinement)

Système nerveux et sentiment de sécurité

  • Le Nerf Vague et la théorie Polyvagale pour les professionnels de santé et de la relation d’aide = 8h30 de formation (online) – de 12/2021 à 02/2022 avec Geopse Formation

  • Consent and the nervous system (online) = 2x 2h15 : le 6/07/2020 et 13/07/2020, par Rupert Alison de The Art of Consent et Rose C Jiggens

Psychologie du travail

  • 12 UE validées de 2010 à 2014 en cours du soir au CNAM Paris, équivalent à 50 jours de formation (cursus arrêté : passionnant mais pas pour métier)

 

Mes autres formations et expériences

Pour mon plaisir et mon bien-être

Communication non violente

  • Module 1 (Caroline Lamy) 23-24 février 2008

  • Module 2 (Robert Greuillet) 25-26 septembre 2010

  • Module 3 (Michelle Guez) 6-7 août 2011

  • Estime de soi (Michelle Guez) 10-11 septembre 2011

  • Se libérer de nos croyances limitantes pour affirmer nos choix de vie (Pascale Molho) 30 septembre au 2 octobre 2011

  • Désactiver ses peurs et développer l’empathie (TIPI) (Maryse Lavillaureix) 19-20 octobre 2013

Massage et approche du corps

Pleine conscience

  • Semaine Open Mindfulness Fundamental Training à KarmaLing, du 26/07 au 02/08 2014

  • Cycle MBSR, 8 séances de 2h30 de novembre 2015 à janvier 2016 avec Soizic Michelot à Paris

Autour du féminin-masculin