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  • Photo du rédacteurMagali

C’EST PAS GRAVE, LAISSE TOMBER…

Ou l’alliance infertile de la muflerie et du découragement. Vie quotidienne, extrait.


Il est 5h, Magali s'éveille...

Comme un parfum de misogynie ordinaire

Je voyage régulièrement en ce moment pour le travail et vendredi matin, je me trouvais au Hard Rock Café de l’aéroport à 6h du matin. J’y avais déjà avalé un capuccino avec un muffin et cherchais un dernier café à emporter pour finir de me soutenir lors du trajet fort matinal.


Je vais donc au bout du comptoir, une jeune femme attend déjà près de la caisse.


Les serveuses nettoient les machines ou autre, je ne vois pas bien. Qu’importe, j’attends, l’embarquement a commencé, mais j’ai encore quelques minutes.


Puis, un homme se rapproche du comptoir, au milieu.


Il tourne la tête vers nous. Regarde la jeune femme rapidement, puis moi.


Puis, il interpelle la serveuse.


Et se met à passer sa commande.


Comme ça, tranquillement.


Je sais qu’il nous a vu. Je sais qu’il sait qu’on attend.


Mais, il passe sa commande.


Je regarde la fille de devant. Elle regarde devant elle, le regard dans le lointain, loin des caisses, loin de ce moment. Loin de l’humiliation.


Je bous...

Je vais donc voir ce monsieur. Et lui explique tranquillement : « Nous sommes en train de faire la queue là-bas. C’est donc la dame là-bas, puis moi, puis vous. »

La serveuse a ajouté « Ladies first », « les dames en premier ». Ah, quand même.


La jeune femme passe commande, et le temps qu’elle soit servie, je lui glisse un « il nous avait vu… » incrédule.