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NON, PAS CE SOIR

Ou comment dire non permet de sauver son couple


J’ai un nouvel amoureux. Appelons-le Jean-Paul.


Je suis contente.


C’est le début, alors, en dépit de l’euphorie, j’essaie de ne pas commettre les mêmes erreurs que dans le passé.


La première d’entre elles : lui laisser trop de place, être trop disponible puis… partir au bout de quelques années (3 en général) parce que j’étouffe…



Je maîtrise le scénario par cœur.


J’ai aussi envie de changer. Car, ces départs, alors qu’en apparence tout va bien, ne sont pas justes, ni pour moi ni pour l’autre.


Surtout, que rien, et rarement l’autre, ne m’oblige à être si disponible.


Mon comportement contribue largement à créer à mon sentiment d’étouffement… Je fais un vrai travail pour réussir à mieux percevoir et poser mes limites.


Avec l’accord de Jean-Paul, je vous partage un extrait de vie quotidienne qui consistait justement à poser une limite.


Les ingrédients : Son désir de me voir. Mon désir d’être seule. Son insistance enthousiaste et chaleureuse. Mon agacement de plus en plus distant. Et le moment magique de résolution, le lendemain. La découverte d’un dialogue ouvert et créatif - fondateur.


Rien ne résiste au dialogue.


VERRE DE VIN
Et à un bon verre de vin, certes.

Le contexte

On ne vit pas dans la même ville, mais j’ai la chance d’animer régulièrement des formations dans sa ville sur une ou deux semaines par mois.


Au début, j’ai gardé mes habitudes à l’hôtel, car la mission sur place est prenante et j’aime bien savoir que j’ai mon petit cocon le soir, si j’ai besoin.


Toutefois, ce n’est pas si facile d’affirmer un besoin de solitude dans un début de relation fort prometteur quand le temps passé ensemble est chaque fois compté.


Au bout de 3 mois environ, on s’est confronté pleine face à ce dilemme.


On est mercredi. Je suis à ma 3è journée d’animation de formation, je parle anglais toute la journée à des personnes d'un peu partout dans le monde et certaines ont beaucoup de mal avec l'anglais... Il faut être créatifs pour se comprendre.


Il est midi. Le début de semaine a été fatigant… Et je rêve déjà de la sieste de fin d’après-midi. Je rêve de rentrer à l’hôtel. De ne parler à personne. De ne pas réfléchir. De faire rien, précisément, absolument, rien, mais avec force, joie et dévouement !


On a prévu de se voir avec Jean-Paul le lendemain.


Je suis ravie à cette idée. Ne pas le voir ce soir me réjouit presqu’autant que le voir demain. Ma partie « Loup solitaire » et ma partie « Amoureuse transie » ont chacune leur soirée !


Le moment où ça aurait pu déraper

Le matin, j’avais annoncé que le soir je resterai tranquille à mon hôtel.


Puis vers midi, on se lance sur un échange de texto :

  • Jean-Paul : Si tu veux, on peut se voir un peu ce soir, pas tard, comme ça tu peux te coucher tôt quand même.

  • Magali : Merci de proposer. Je pense que je vais plutôt passer du temps solo ce soir. Me poser tranquille, laisser la journée décanter.

  • Jean-Paul : Oh.. ok.. J’espère qu’il ne t’est rien arrivé.

  • Magali : Oh non, c’est juste que je passe 8 h à parler, écouter, essayer de comprendre ce qu’on me dit… Alors la part introvertie de moi-même a besoin de temps tranquille pour se remettre. J’ai envie d’écouter juste mes propres pensées et faire mes propres trucs, toute seule.

  • Jean-Paul : Oh. Ok.

  • Magali : Pas de souci.


Fin de l’échange, en fin d’après-midi :

  • Jean-Paul : Tu sais, moi aussi, j’ai besoin de mes moments solo. C’est juste qu’on ne se voie pas souvent. Mais j’ai compris que ton job est très prenant. Tu es rentrée ?

  • Magali : Oui, je viens de faire la sieste 😉 je me repose. D’ailleurs, ça commence à aller mieux, je sens que je m’ouvre à nouveau.

  • Jean-Paul : Du coup, si ça va mieux, ça te dit de sortir boire un verre ?

  • Magali (respire – rappelle-toi que c’est un gentil garçon et qu’une explication par sms c’est de toute façon nul, mieux vaut attendre de se voir en vrai) : Non. Je suis sortie dîner. On se voit demain. Et j’aurai grand plaisir à te voir, demain. <3

Pour être honnête, et au risque de paraître un peu désagréable, j’étais un peu lasse à la fin de l’échange. Mais j’ai tâché de rester cool. Claire mais cool.


Car, je sais que Jean-Paul a un côté artiste enthousiaste et too-much et que c’est aussi ce qui me séduit. Je ne peux pas lui reprocher les défauts de ses qualités, ce ne serait pas fairplay. Et puis je sais que son insistance est sans volonté de nuire ou d’exiger. Juste le fruit du contexte de notre relation, où le temps compte un peu plus qu’ailleurs.


Compte tenu mon niveau de fatigue, je suis restée cool. En attendant la prochaine occasion de revenir sur le sujet.


La problématique de consentement

Pourquoi est-ce que je vous raconte cela ?


Parce qu'au fond, j’ai eu la sérieuse impression de devoir défendre mon besoin de solitude.


De devoir défendre mon non.


Et qu’en faisant ça, je passais un peu pour la reloud…


A 3, on y va !


En termes de consentement, ce n’est pas terrible.


Et sans l’expérience de la cata’ à laquelle m’amène en général le fait de dire oui dans ce genre de situation, j’aurai peut-être « cédé », c’est-à-dire, dit oui sans vraiment vouloir. Ce que j’ai appelé « tolérer » dans d’autres articles.


Tolérer, c’est quand ce n’est pas mon désir, c’est même contre mon désir, j’ai du déplaisir… mais je laisse faire… alors que ça pourrait être différent.

Ici, accepter de se voir, alors qu’on peut aussi bien se voir le lendemain avec plus de joie et de détente de mon côté.


L’exercice qui m’aide à clarifier ma réponse, quand je n’ai pas envie de quelque chose mais que j’hésite, c’est cette question :

Qu’est-ce qui ferait que j’ai envie ?
Ou, dit autrement, que me manque-t-il pour que ce soit « oui » de bon cœur ?

Parfois, la réponse vient assez clairement. Alors on peut négocier ou faire une proposition.


Et parfois, la réponse c’est : RIEN. Je n’ai juste pas envie. Alors c’est non. C’est tout.


Là, ma réponse était claire : sortir le soir-même, ce ne serait vraiment pas de bon cœur, je me forcerai. L’idée même me fatigue. Alors non.


Mais par contre, demain, oui, carrément, avec plaisir.


Voilà, c’est clair.


Et ça me permet d’être claire avec Jean-Paul.


Joyeuse même.


C’est ça le plus beau dans le process : ça me permet de préserver le plaisir de le voir demain.

Au lieu de sombrer dans la critique style : « ffff, il est vraiment reloud à insister là, ça me gave blablabla », et d’être tout énervée ou froide quand je le vois. Car au fond, c’est beau un amoureux qui exprime son désir de passer du temps avec moi.


J’ai remarqué dans le passé que, souvent, les fois où je suis le plus énervée contre quelqu’un, c'est que j’ai laissé passer quelque chose qui ne me convenait pas, que j’ai laissé faire quelque chose, que je n’ai rien dit ou cédé à mon désir de plaire (et donc de me taire…).



C’est un super indicateur aujourd’hui ! Pas celui qui me donne la plus belle image de moi-même, mais un petit bout de vérité qui me permet d’évoluer et de retrouver le chemin de la connexion avec cœur, quand je suis agacée.


La discussion de résolution

On prenait l’apéro de lendemain et l’échange de la veille est revenu dans la conversation. J’ai pu réexpliquer mon besoin de solitude. Et de vive voix, tout est passer facilement. Et il était content que je puisse exprimer mes besoins comme ça.


En fait, c’était assez magique : pouvoir exprimer une limite sans que l’autre, lui en l’occurrence, ne le prenne mal.

Exprimer une limite personnelle, ce n’est être « contre » l’autre, c’est juste exprimer un besoin perso.

Et dans le passé, j’ai pu avoir la surprise que la discussion se termine en méga-dispute… ça peut être décourageant.


Alors que, comme là, ça peut être reposant pour tout le monde si chacun exprime ses besoins au lieu d’attendre que l’autre devine……………

Et si on remplaçait le jeu de devinettes par la communication ?

Le début de relation, c’est apprendre à s’accorder à des habitudes de communication différentes, c’est partager des clés, avancer par essai-erreurs, réviser les suppositions sur le couple que l’on a engrangées (merci les Accords toltèques). Et poser des bases saines pour la suite. C’est plus dur de changer quand les habitudes sont prises.


Profitez de tous ces moments d'agacement au quotidien pour identifier vos limites, leur dépassement et pour vous entraîner à recadrer. Moins on laisse passer ces "petites" choses, moins on collecte de petits cailloux dans la chaussure qui finissent par peser ou faire mal...


Quelles sont vos petites victoires récentes ?


Prochains entraînements au consentement


Focus : quid du consentement sexuel dans le couple ?


Pour plus d’information sur le consentement dans le couple, notamment en matière sexuelle dans les couples au long cours, retrouvez mon article dédié au livre de Jean-Claude Kaufmann : Pas envie ce soir.





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3 Yorum


Mes victoires de ces jours-ci sont rarement petites. Comme je suis en train d’essayer de me guérir d’une maladie autoimmune qui est liée, selon ma compréhension, à des traumas relationnelles débutant avant ma naissance, que je suis très limité physiquement et isolé socialement et que mon support primaire est ma mère, les racines de petits changements avec elle sont profondes et ont des effets marqués sur le condition de mon corps. Ils sont souvent des habitudes avec 60 années de pratique!


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Beğen

Merci pour ce partage. C'est exactement ça. "Pour être proche de quelqu'un, on doit pouvoir lui dire non". C'est incroyable le nombre de situations quotidiennes qui me rappellent l'enseignement fondamental des cuddles. Incroyable de voir à quel point, c'est une posture qui sert quotidiennement ! Et quel bonheur de l'adopter pour être bien avec soi et les autres

Beğen
Magali
Magali
22 May 2023
Şu kişiye cevap veriliyor:

je te rejoins, pas besoin d'attendre les situations avec de lourds enjeux. Ces petites situations de tous les jours, qui peuvent déjà faire stresser, sont de bons entraînements.


Beğen
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